META LOCUS

SÉRIE DE 10 PHOTOGRAPHIES
Formats Variables

Philippe Calandre
NÉ À Avignon (84), 1964
vit et travaille à Paris

À la suite de son exposition "Meta locus" organisée en septembre 2015 par Carmen del Valle et Joseph Farine (curators) au Laboratoire d'art contemporain de Genève, Philippe Calandre a souhaité proposer, à l'artothèque Mutuum, sa série photographique.
Philippe Calandre crée des compositions architecturales industrielles sur des sols désertiques, sans présence de la nature ni de la figure humaine, à partir de fragments de prises de vues collectées au cours de ses voyages (Chili, Canada, Russie, Amerique, Europe, Turquie). Il en résulte une véritable sensibilisation pour le regardeur sur la transformation liée à la mondialisation des territoires que nous parcourons au quotidien telles que les entrées de villes uniformisés (zones industrielles, rond-points, centre-commerciaux). Guidé par une approche contemporaine constituée d'éléments de réalité à requestionner, le chemin labyrinthique de l'œil sur les compositions de Philippe Calandre nous aspire dans un univers Piranésien. 
"L'artiste Philippe Calandre imbrique et recompose des panoramas d'architecture monumentale issus d'un imaginaire métaphorique. Chaque œuvre photographique met en scène un paysage industriel qui s'affirme avec étrangeté, révélant ainsi leur identité utopique. L'homme a construit ceci, mais en est bizarrement absent. Les cathédrales sont vides des croyants qui les ont érigées. Ces vestiges d'archéologie contemporaine ne sont plus que des sanctuaires mémoriels, plus aucune trace d'activité ne subsiste, sinon celle d'un espace temps où laisser vagabonder son esprit." Carmen DEL VALLE

"Cette série est la continuité de quinze années de recherche. Pourquoi l'architecture industrielle? - Parce que celle-ci est dénuée de principes esthétiques et ses formes n'obéissent qu'à une logique de production. Dans cette recherche de liberté de formes et d'expression, à force de réflexion, j'ai pris conscience de la surabondance d'images contemporaine qui alimentent sans cesse notre inconscient et dictent nos modes de pensée, j'ai trouvé vain d'en perpétuer la tradition. J'ai pris la décision de plus subir le sujet photographié en tant que masse inerte prête à être enregistrée. J'ai alors choisi d'aller dans le sens inverse de la "photographie objectiviste' ou bien simplement de la photographie, en tentant d'ouvrir un nouveau champ de l'invisible propice à la recomposition afin d'inventer une vraie/fausse image du réel. J'ai décidé de ce fait d'abolir la prise de vue, ainsi que le sujet emprunté au réel pour enfin donner l'illusion d'une image qui pourrait dans l'absolu raconter ce quelle veut, même si le sujet n'existe pas. Je pars de fragments de prises de vues, que j'ai soigneusement accumulés au cours de mes voyages et je reconstruis des images mentales. Je recompose toutes les pièces de ces puzzles atypiques sur mon ordinateur et enfin l'utopie prend le dessus et trouve sa place centrale." Philippe CALANDRE